Le numéro huit montpelliérain a émergé d'un match très brouillon dans lequel les individualités ont peu brillé. Ainsi Médard, fébrile pour ses débuts et une charnière décevante.
LES FRANCAIS
Maxime Médard
On attendait beaucoup du jeune Toulousain qui vivait ses débuts avec les Bleus. Fragile sur ses premiers ballons en troisième rideau, qu'ils soient aériens ou au sol, l'arrière toulousain est petit à petit entré dans son match, provoquant même l'une des plus belles occasions françaises de la partie sur une relance de soixante mètres le long de la ligne qui aurait méritait mieux (mauvais jeu au pied à suivre pour finir) s'il avait cru davantage en sa capacité à aller au bout. Finalement peu utilisé offensivement comme la plupart des trois-quarts bleus dans ce match brouillon, Médard a en revanche été très efficace dans son jeu au pied long qui a souvent donné de l'air aux siens. Il mérite d'être revu. Remplacé par Alexis Palisson (74e), passant à l'aile droite et Cédric Heymans à l'arrière.
Julien Malzieu
L'un des joueurs français que l'on sentait en jambes, très motivé, et que l'on aurait aimé davantage sollicité peut-être ailleurs que sur son aile (au près). Ainsi cette magnifique percée de quarante mètres au coeur du terrain après un décalage de Picamoles sur un renvoi (11e). Match correct.
Yannick Jauzion
Le plus capé des joueurs français sur la pelouse a été souvent lancé en première main... enfin, quand le ballon est arrivé jusqu'à lui. C'est malheureusement arrivé trop peu souvent tant les Bleus se sont débarrassés du ballon au pied mais dès que le jeu s'est ouvert un peu, les Bleus ont pu compter sur sa faculté à bonifier un enchaînement. Il s'est aussi beaucoup livré en défense.
Benoît Baby
Même constat que pour Jauzion. Peu utilisé mais à son actif une percée plein champ classée sans suite et un but de loin (quarante-cinq mètres à droite) qui fit du bien aux Bleus avant la pause (9-3, 32e). Il eut une autre tentative qu'il manqua.
Cédric Heymans
L'ailier toulousain a connu quelques soucis dans le jeu aérien, bombardé par Hernandez et Contepomi. Il s'est par ailleurs livré sans compter au sol et dans le repli défensif. Peu d'apport offensif. Mais encore eut-il fallu que ce match l'ait été, offensif...
David Skrela
Buteur à trois reprises, dont un drop très bien venu pour ouvrir le score (neuf points qui portent son total à 88 en 16 sélections en équipe de France), l'ouvreur a tenté d'alterner le jeu autant que possible mais, comme les autres, il a abusé du jeu au pied, et pas toujours du meilleur cru. A tenté deux ou trois fois de créer la brèche, mais en vain.
Jean-Baptiste Elissalde
Match moyen du demi de mêlée toulousain et globalement de la charnière. Outre quelques mauvaises passes vers Skrela, comme celle qui amèna une occasion des Pumas (73e), on aurait aimé voir JBE appeler davantage au ras ses gros (Picamoles, Dusautoir) et les trois-quarts les plus en jambes, tel Malzieu, ou solliciter plus de ballons portés pour fixer une défense argentine peu menacée sur les extérieurs.
Remplacé par Morgan Parra (74e), que l'on a senti vif et entreprenant dans les dix meilleures minutes de l'équipe de France.
Louis Picamoles
L'un des meilleurs Bleus ce samedi soir avec notamment cette impressionnante percée le long de la ligne (40e) qui fut l'un des clous du match. Souvent utilisé en touche également, pourquoi ne l'a-t-il pas été plus dans le jeu ? C'est un des regrets. Mais si le Montpelliérain parvient à équilibrer son jeu entre force et jeu de passes, on tient un très grand numéro huit. Remplacé par Fulgence Ouedraogo (69e).
Imanol Harinordoquy
Le Basque a fourni beaucoup d'efforts dans le combat, où on l'attendait. A part ça, pas grand-chose à se mettre sous la dent.
Thierry Dusautoir
Fidèle à lui-même : récupérateur au sol, dans le jeu courant, extrêmement présent physiquement, preneur de balle en touche, plaqueur invétéré, etc... Sans deux ou trois fautes de main, c'était du grand Dusautoir... dans un petit match.
Lionel Nallet (cap.)
Nallet aime le mouvement et il n'y en pas eu. Il aime aussi le combat et il y en a eu à peine plus. Mais il n'y a rien à reprocher au capitaine français, sinon, justement dans son rôle de capitaine. Il n'a pas su recadrer le jeu de son équipe, ou le faire recadrer en tout cas (puisqu'en ayant le nez dans le gazon, c'est pas facile...) Sébastien Chabal l'a remplacé avant l'heure de jeu (57e). Acclamée par le public marseillais à chaque prise de balle, la star a démontré beaucoup d'envie et comme souvent un poil de dispersion aussi, comme sur une faute qui provoqua une penalité alors que les Français étaient -enfin- près de l'en-but argentin...
Romain Millo-Chulsky
A donné beaucoup de sa personne dans le combat mais on demande à le revoir dans un vrai test international avec de la vitesse, de l''ntensité, etc.
Benoît Lecouls
Le pilier droit toulousain a en partie fait jeu égal en mêlée fermée face à Roncero, ce qui n'était pas gagné, et a fait son match. Mais, comme beaucoup de nouveaux ou revenants, on attend de voir ce qu'il vaut vraiment dans un grand test. Remplacé par Nicolas Mas (57e).
Dimitri Szarzewski
On a vu le Parisien remonté et s'accrocher quelques fois. Bon signe pour un talonneur. Mauvais signe pour un talonneur : deux ballons perdus en touche. Pas forcément de sa faute. Remplacé par Benjamin Kayser (65e).
Fabien Barcella
Le pilier biarrot a tordu son vis à vis Orlandi la plupart du temps même si les Bleus ont perdu un ballon en mêlée sur leur introduction. Ce pilier, descendant de Paparenborde et de Califano, a du jus. On aurait aimé que celui-ci soit utilisé un peu plus. En tout cas, quand il a pu, il l'a montré. Mérite de revenir.
LES ARGENTINS
Juan Martin Hernandez, seul Puma acclamé à l'annonce des équipes, a fait briller la longueur et la hauteur de son jeu au pied. Mais, comme les cadres pas dans le coup en début de match (Ledesma, Roncero, Albacete), sa fébrilité aussi : les Pumas ont commis énormément de fautes de main et n'ont que très rarement été dangereux sauf en deuxième période. Solides défensivement, ils ont bien contenu les Bleus sur la largeur.
L'arbitre
Le Sud-Africain M.Kaplan a été très tatillon dans son arbitrage du jeu au sol que l'on n'a pas toujours compris, avantageant beaucoup les défenseurs, mais il n'a pas été aidé par les acteurs. Au moins, il n'est pas sorti de ce match fatigué.
Un jeu au pied parfois trop rapide a montré que face à des adversaires solides, cette équipe de France en construction cherche à poser les jalons de ce qu'elle sera demain.
On s'attendait à un match tendu, et il le fut. Il y eut beaucoup de tensions et un incontestable besoin de revanche pour les Bleus après les deux échecs tricolores de la Coupe de Monde organisée en France l'an passé. Mais ce n'était pas la Coupe du Monde. Les deux équipes n'étaient plus les mêmes non plus. L'absence du retraité Pichot, dynamiteur des avants pumas, a laissé une charnière argentine en mal d'inspiration. La perle argentine Juan Martin Hernandez, en méforme ces dernières semaines et les maladresses au pied d'un Contepomi ont rappelé au monde du rugby à quel point la réussite peut être éphémère. Alors certes, les rugbymans argentins ne furent pas à leur sommet et le XV de France en est sorti, cette fois-ci, victorieux.
En dépit d'un arbitrage très sévère, pour ne pas dire intempestif dans les phases de regroupement, ce sont finalement ceux qui auront montré le plus de solidarité qui ont pris l'avantage. Après la pénalité échouée à la 9e minute par Contepomi, David Skrela passe un drop in extremis à la 11e (3-0). Le jeu continue dans sa furia latine, un peu brouillonne, avec un très bel engagement toutefois de la troisième ligne bleue, Imanol Harinordoquy et Louis Picamoles qui déstabilisent la mêlée puma. Louis Picamoles qui sera sanctionné très sévèrement pour avoir joué le ballon juste après son plaquage offrira l'occasion d'égaliser aux Argentins (Contepomi, 27e, 3-3). Ce sera alors une série de pénalité : Skrela redonnant l'avantage à la 29e (6-3), puis Baby pour une pénalité longue, à 48 mètres donnant un peu plus l'avantage aux Bleus de France (32e,9-3) avant que Contepomi ne réduise le score sur une faute de Jauzion (34e, 9-6).
Au retour des vestiaires, les Argentins reviennent d'autant plus déterminés. La mêlée argentine ne se fera plus bousculer. La défense puma sera dès lors intransigeante face aux salves tricolores. Mais que dire de plus de cette deuxième période ? On aura noté beaucoup d'envies mais peu de réussite. Ce sera également le moment du coaching des changements un peu inattendu avec l'entrée du jeune Morgan Parra à la mêlée adossé du nouveau capé Alexis Palisson en substitution de Maxime Médard dont on attendait beaucoup et qui a fait un match très honorable. Mais plus grand-chose à se mettre sous la dent du fait d'un arbitrage très rigoureux. Seule une pénalité réussie par David Skrela à la dernière minute du temps réglementaire (80e, 12-6) avant la dernière furia argentine dans les 22 mètres tricolores viendra troubler le score sur un tableau d'affichage que l'on a cru en panne.
Les confrontations entre la France et l'Argentine sont toujours des matchs à couper au couteau, avec en général et hormis le match de classement de la coupe du Monde, de faible différence de score. Le match de samedi soir n'aura pas dérogé à la règle. Question jeu, face à une défense argentine très solide, le jeu n'est pas resté dans la confrontation en mêlée. Un jeu au pied parfois trop rapide a montré que face à des adversaires solides, cette équipe de France en construction cherche à poser les jalons de ce qu'elle sera demain. Ses entraîneurs semblent à la recherche d'un équilibre de solidité défensive et la capacité à déployer de grandes envolées. Alors : France 12, Argentine 6. Petite victoire mais bon début pour entamer la tournée d'automne face aux Iles du pacifique samedi prochain.