Palisson, la bonne nouvelle

Palisson, la bonne nouvelle

Les Bleus pris de vitesse

Palisson : "Tuqiri a des faiblesses"Impliqué à contre-coeur dans un imbroglio médiatique, Alexis Palisson a su trouver les réponses sur le terrain pour signer une première sélection prometteuse malgré la défaite des Bleus face aux Australiens lors du premier test, 34-13.

Depuis quelques mois, tout le monde parle de lui. Devenu phénomène hexagono-hexagonal depuis le match gagné par Brive sur le Stade français, Palisson a vu son nom allègrement franchir les frontières et même l'équateur! Emmené à l'autre bout du monde pour le culot de sa jeunesse par Marc Lièvremont, le Briviste a réussi son entrée en matière face à l'Australie.

Tout d'abord en déclenchant involontairement une polémique hallucinante en Australie... S'il a bien déclaré dans une interview sur rugbyrama.fr que Tuqiri a aussi des faiblesses, histoire de se dire que jouer contre lui n'est pas insurmontable, jamais il n'a promis de lui baisser la culotte comme l'a rapporté la presse wallabie.

Mais Palisson a surtout réussi son entrée en matière en répondant de la meilleure des manières sur le terrain. Elu à l'unanimité homme du match par les médias hexagonaux, le poids de son manque d'expérience n'a jamais pesé sur ses épaules. Pour preuve, sur le premier ballon qui lui est arrivé à l'aile, il n'a pas hésité une seconde et a admonesté un cadrage-débordement à Tuqiri. De cette action, le sélectionneur Marc Lièvremont déclarera après match qu'"il n'a jamais été question qu'Alexis Palisson mette une déculottée à Tuqiri même si sur leur premier affrontement direct, c'est un peu le cas..."

L'exigence

Des réponses, il a continué d'en apporter tout au long de la rencontre, se proposant au soutien de son centre devenu ouvreur, François Trinh-Duc. En combinant habillement, les deux hommes ont amené un essai loin d'être fait. Car quand l'ailier tricolore a buté au pied des poteaux sur le très physique Mortlock, les 75 kg du Français se sentaient plutôt seuls comparés au quintal du centre et capitaine australien. Mais il a marqué et ainsi joliment fêté sa première sélection.

Si celle-ci vaut en partie à l'absence des demi-finalistes du Top 14, Palisson devrait en connaître d'autres. Pourquoi ? Parce que ce jeune est exigeant envers lui-même : "Je suis parti un peu dans le flou car je savais que ce serait plus dur. J'avais envie de jouer au rugby. Je sors déçu par l'issue du match mais j'aurais pu ne pas être à la hauteur et j'aurais été encore plus déçu. Content ? Oui et non. J'aurais aimé qu'on gagne." Sur sa propre prestation, il dira encore juste après la rencontre : "Peut mieux faire. J'ai encore beaucoup de travail, notamment en défense" . Samedi prochain, il aura peut-être une nouvelle occasion de progresser.

# Posté le lundi 30 juin 2008 03:34

Modifié le vendredi 11 juillet 2008 12:18

Le Briviste, le Tricolore le plus audacieux

Le Briviste, le Tricolore le plus audacieux
Pour sa première sélection, le jeune Briviste Alexis Palisson a marqué un essai et signé une belle copie malgré la défaite contre l'Australie (34-13). « Ca s'est bien passé pour moi mais je suis quand même un gagneur et quand je perds je ne suis pas plus heureux », dit-il.Alexis Palisson (Au micro de RMC)
La pression des médias ce n'est pas facile à vivre surtout à 20 ans. Cela m'a dépassé un peu. J'ai essayé d'en faire abstraction et ça s'est bien passé ce soir (samedi) pour moi mais je suis quand même un gagneur et quand je perds je ne suis pas plus heureux. Il faut qu'on travaille et que le résultat soit plus positif la semaine prochaine. J'ai pris beaucoup de plaisir aujourd'hui. Je suis un peu déçu par la défaite. Il faut qu'on travaille dans les rucks pour qu'on conserve le ballon et qu'on puisse jouer nos duels. C'est sûr ça qu'on peut passer.


l'homme de la rencontre est à coup sûr Alexis Palisson... Ce qu'il faut retenir oui de cette rencontre, c'est la prestation : Palisson, Trinh-Duc, Janin, Tillous-Borde, Lecouls, Lacroix...



Lièvremont: "Score mérité"

Marc Lièvremont (entraîneur du XV de France): "Je retiens d'abord la déception. Le score est lourd et entièrement mérité. J'ai envie de dire qu'à part au niveau du panache et du courage, on n'a pas vraiment existé puisqu'à la 50e minute, le match était tué".

"On sait que le haut-niveau se nourrit de petits détails et c'est une somme de petits détails qui font qu'on n'a pas su rivaliser. En première mi-temps, les Australiens avaient 70% de la possession. On s'est accroché aux branches en première mi-temps et on l'a payé cash en deuxième.

Passé ce premier constat, il y a des satisfactions individuelles. Je citerai deux joueurs: le culot d'Alexis Palisson récompensé par un essai, et l'omniprésence d'Imanol Harinordoquy qu'on est content de retrouver.

On craignait vraiment l'activité des Wallabies au sol et on n'a pas été déçus. Les Wallabies jouent en avançant, ils se sont créé énormément d'occasions en première mi-temps. Défensivement, quand ils jouent comme ça, en avançant, ils sont une des meilleures équipes au monde. On craignait vraiment l'activité des Wallabies au sol et on a pas été déçus."



Les faits du match


18eme minute (3-0)
Suite à un ballon gardé au sol par Damien Traille, la France est pénalisée. Matt Giteau, pour sa deuxième tentative, inscrit les trois premiers points de la rencontre.

22eme minute (3-3)
Elhorga se frotte à Horwill et Elsom. L'arbitre pénalise Elsom pour un plaquage dangereux. Dimitri Yachvili égalise facilement. Pépito Elhorga sort sur blessure.

36eme minute (10-3)
Touche rapidement jouée par Sheperd pour lui-même. Mortlock obtient le ballon et sert Ashley Cooper, plaqué par Yachvili. Le ballon ressort rapidement pour Giteau qui déborde Chabal, moins rapide, et va inscrire le premier essai du match. Giteau transforme lui-même.

40eme minute (10-6)
Alors que la sirène a retenti depuis quelques secondes, Yachvili joue de malice en réclamant une pénalité pour un hors-jeu australien. Face aux perches, Yachvili permet aux Bleus de recoller avant la mi-temps.

42eme minute (17-6)
Nallet manque sa réception sur la première touche de la seconde période. Suite à un enchaînement de rucks dans les 22 mètres français, Barnes vient mourir à quelques centimètres de la ligne. La défense tricolore finit par céder face à Sharpe qui a pu allonger le bras pour aplatir. L'arbitre demande la vidéo et valide l'essai. Transformation de Giteau.

47eme minute (24-6)
Après avoir manqué de peu leur troisième essai, non validé après l'appel à la video, les Australiens bénéficient d'une mêlée à cinq mètres. A force d'insister et de percuter la défense française, c'est Elsom qui parvient à aplatir. Giteau transforme.

50eme minute (27-6)
Nouvelle faute française qui souffre énormément. Giteau ajoute trois points grâce à cette pénalité.

62eme minute (34-6)
Sur une relance de Traille dans ses 22 mètres, interception de Mortlock. Le capitaine australien va tranquillement aplatir un nouvel essai. Giteau rajoute deux points en transformant facilement.

66eme minute (34-13)
Pénalité pour la France. Les Bleus choisissent la pénaltouche. Trinh-Duc provoque la défense australienne et sert Palisson qui résiste à la charge de Mortlock pour aplatir. Premier essai chez les Bleus pour Alexis Palisson.

# Posté le samedi 28 juin 2008 14:43

Modifié le dimanche 29 juin 2008 03:57

interview sur sa titularisation

interview sur sa titularisation
joueurs français participant à cette tournée en Australie, revient sur sa sélection. Et se projette sur l'affrontement qui l'attend avec l'un des meilleurs ailiers du monde...

Marc Lièvremont a annoncé hier soir que vous seriez titulaire samedi face aux Wallabys. Avez-vous pu trouver le sommeil après une telle nouvelle ?

Alexis Palisson : J'ai très bien dormi. De toute façon, je n'étais même pas tenté de passer ma nuit au téléphone pour faire le tour de mes potes, puisque la communication est hors de prix... (sourire) Sincèrement, j'avais passé une plus mauvaise nuit la veille du bac (il est titulaire d'un baccalauréat scientifique, NDLR). Pour moi, le rugby, c'est avant tout un jeu...

Quand et comment vous a-t-il dévoilé que vous débuteriez ce match ?

A. P. : Lundi midi, après l'entraînement du matin. Il nous a tous réunis sur les gradins en bois du petit stade des East Suburbs. Il a égrené les noms. J'ai entendu le mien. J'ai souri.

Craignez-vous la puissance de votre vis-à-vis Lote Tuqiri, considéré comme l'un des meilleurs ailiers du monde et à qui vous rendez 25 kg ?
A. P. : Pas vraiment, non. Je me suis habitué à ce genre d'opposition. Il faudra simplement éviter de le prendre de face. Et puis il a quelques faiblesses, je pense...

Lesquelles ?

A. P. : Il n'est pas toujours très attentif auprès des zones de ruck. J'espère avoir une petite occasion de le surprendre.

Le staff tricolore vous a-t-il donné des consignes particulières pour ce match ?
A. P. : Non. Ils m'ont demandé de jouer comme à Brive, en prenant des risques et des initiatives. Cela tombe bien, il n'y a que comme ça que je prends du plaisir sur un terrain.

Vous semblez être habité par une confiance en vous inébranlable. Si l'on en croit les chiffres, vous comptez pourtant plus de temps de jeu en équipe de jeunes qu'en Top 14...
A. P.: Ce n'est pas faux, puisque j'ai connu toutes les équipes de France, des moins de 18 aux moins de 20 ans. Je compte seulement une dizaine de matchs en Top 14 mais je ne vais pas faire de complexes pour autant. Je suis en équipe de France. Pourquoi bouder mon plaisir ?

# Posté le mardi 24 juin 2008 13:23

Alexis Palisson sera titulaire !!!

Alexis Palisson sera titulaire !!!



Pour le premier test du XV de France face à l'Australie samedi, le jeune arrière briviste Alexis Palisson sera titulaire à l'aile pour sa première sélection. Autre non-capé à débuter, le pilier Benoit Lecouls. Le reste de l'équipe présente une certaine expérience, notamment dans le pack.

Comme attendu, Marc Lièvremont, Emile N'Tamack et Didier Retière ont privilégié l'expérience à la découverte. Ainsi, parmi les douze joueurs à zéro cape sélectionnés le 9 juin dernier, seuls deux d'entre-eux (Palisson et Lecouls) débuteront face à l'Australie samedi prochain. Les autres ? Kayser, Boyoud, Lièvremont, Janin, Lacroix et Tillous-Bordes seront sur le banc ; Correia, Caballero, Mermoz et Peyras hors du groupe. "Pour ces quatre joueurs-là, explique Marc Lièvremont, la probabilité de les voir dans le groupe des 22 pour le deuxième test à Brisbane est forte, c'est évident." De fait, ce groupe France privé de tous ces demi-finalistes est peut-être l'un des plus expérimentés de l'ère Lièvremont. Drôle de paradoxe.

Sur quels postes les choix furent-ils les plus délicats ? A droite de la mêlée tricolore, Benoit Lecouls est préféré à Renaud Boyoud, au nom du vécu du pilier biarrot en Top 14. A l'arrière, si l'on avait pensé un temps que David Janin, auteur d'une très belle saison avec Bourgoin, pouvait démarrer, c'est bel et bien Pepito Elhorga (17 sélections) qui débutera à ce poste. A l'aile, on pressentait depuis déjà une semaine que l'électrique Palisson, dont la créativité et la vitesse avaient déjà séduit Olivier Magne (très proche de Marc Lièvremont) à Brive serait titulaire ; tout comme Benjamin Thiery, déjà appelé par Bernard Laporte lors de la précédente tournée en Nouvelle-Zélande. Au centre, Emile N'Tamack voulait voir les qualités de puncheur de Trinh-Duc. Ce sera chose faite. L'association du Montpelliérain (premier centre) avec Boyet et Traille donnera de la profondeur au jeu au pied des Tricolores, qui craignent les relances de Tuqiri et Ashley-Cooper.

Avec Attila

Quant à Dimitri Yachvili, auteur d'une saison mitigée à Biarritz, il est préféré au Castrais Tillous-Bordes, dont Emile N'Tamack apprécie pourtant les qualités de vitesse et de puissance. Le XV de France voulait revoir Yachvili et le relancer au plus haut niveau. Le coup de poker est osé mais peut s'avérer précieux, tant on connait les qualités du Biarrot à se transcender lors des matchs importants. Peu en réussite dans ses tirs aux buts cette saison, "Yach" devrait néanmoins laisser cette tâche samedi à Benjamin Boyet.

Enfin, on ne pourrait évoquer cette équipe de France sans aborder le retour de Sébastien Chabal au poste de deuxième ligne. Attila retrouvera à ses côtés son ancien partenaire à Bourgoin-Jallieu, le capitaine des Bleus Lionel Nallet. Au départ de cette tournée, Marc Lièvremont voulait - semble-t-il - faire de Chabal son impact player (remplaçant de luxe), mais les problèmes à la cheville de David Couzinet lui ont visiblement fait changer d'avis.

Le XV de France : Elhorga ; Palisson, Traille, Trinh-Duc, Thiery ; (o) Boyet, (m) Yachvili ; Ouedraogo, Picamoles, Harinordoquy ; Chabal, Nallet (cap) ; Faure, Bruno, Lecouls.


Je suis très content et heureux. Une seule envie : celle de prendre du plaisir lors de cette rencontre, sans se poser de question car je suis pas une nature à se prendre la tête.



.

# Posté le lundi 23 juin 2008 11:04

Modifié le lundi 23 juin 2008 11:19

une gazelle au pays des kangourous

une gazelle au pays des kangourous


Alexis Palisson, 20 ans, vient de s'envoler pour l'Australie. Sélectionné dans l'équipe de France de rugby, il rejoint les Bleus pour la tournée australienne.




Alexis Palisson court vite, très vite. C'est probablement parce qu'il est capable de jaillir comme une fusée sur le terrain qu'il se balade d'une démarche tranquille dans le quotidien.

Jean, tee-shirt rose, tongues noires et blanches, coupe de cheveux d'un surfer et doux sourire, Alexis Palisson est un paradoxe vivant. Là où l'on attend un géant baraqué ou un taureau landais, arrive un tout jeune homme, fin et musclé comme une gazelle des savanes et fort de 82 kg répartis sur 1,76m.
Nul orgueil ni prétention dans l'attitude ou le regard, juste de la candeur et deux grands yeux marrons encore tout étonnés et heureux de cette sélection dans l'équipe de France pour la tournée australienne. Deux matchs avec le XV de France (l'un à Sydney, le 28 juin, l'autre à Brisbane le 5 juillet), sous les couleurs du prestigieux et convoité maillot bleu :
« Je n'arrive pas trop à réaliser ce qui m'arrive. C'est surprenant. J'ai joué 11 matchs en Top 14 et je suis sélectionné... Autour de moi c'est l'euphorie mais même si je ne réalise pas encore, je rêvais de ça depuis tout petit ».
.
Rugbyman avant l'âge

Alexis a mûri dans le terreau du rugby : Didier, son père, a joué au centre avec Toulouse, Rodez, Montauban avant d'entraîner aujourd'hui Limoges. « Il jouait, je le regardais, je voulais devenir prof de sport ou rugbyman, comme lui. J'ai commencé le rugby à l'âge de 6 ans mais pendant la première année, j'ai voulu arrêter pour faire du foot. Mon père m'a proposé de continuer jusqu'à la fin de l'année et de changer plus tard si je voulais. J'ai continué.» Le destin du jeune arrière était scellé d'autant qu'il possède une qualité primordiale, la ténacité : «Quand j'essaie et que je rate, je recommence, je vais toujours au bout ».
Dans cette enfance couleur sport, le jeune Palisson joue et s'entraîne sans relâche même si ce n'est pas tous les jours facile: « J'avais un peu de mal car j'étais petit et fin, mais je courais vite ».
Les études fonctionnent bien ce qui permet à l'adolescent d'être repéré lors de la sélection Limousin et de rentrer au pôle espoir d'Ussel pour les années lycées: « C'était mon premier objectif d'intégrer cette filière de haut niveau et j'y suis arrivé ». Bac S en poche, le jeune Palisson n'en finit pas d'évoluer sur les stades. Il décroche plusieurs sélections avec les internationaux de moins de 18 ans, moins de 19 ans, moins de 21 ans, passe une année de formation à Marcoussis et joue au CABCL depuis 5 ans, boosté ces derniers mois par ses entraîneurs, Olivier Magne et Jean-Marie Soubira.
.
Accompagné par les étoiles

Ses modèles ? Cédric Heymans, Vincent Clerc, Christophe Dominici. Mais le monde du rugby professionnel - qu'il côtoiera sous peu - s'il lui donne des ailes, ne lui tourne pas la tête. Les piliers d'Alexis sont ses amis qui « ne lui parlent jamais rugby » et sa famille, comme en témoignent les quatre étoiles tatouées à l'intérieur de son avant-bras gauche : « Elles représentent ma famille : Didier, mon père, Cathy, ma mère, Yoan et Lucie, mes frère et soeur. J'ai fait faire ce tatouage en début de saison, c'est une façon de garder le contact avec eux. Une étoile pour chacun. »
.
Un arrière qui a des ailes

Les “grands” de l'équipe de France, Alexis Palisson les connaît un peu : « J'ai eu Emile Ntamack et Didier Retière comme entraîneurs en sélection jeunes. J'aime le style de jeu qu'ils développent, il me convient tout à fait ». Et quand on lui demande s'il est impressionné par les matchs internationaux, il répond aussi simplement qu'il aborde le terrain : « Non, c'est juste du rugby, je m'amuse, je prends du plaisir.» Il ajoute tout aussi serein : « Quand je fais quelque chose, je m'investis à fond et sur le stade, je ne pense pas aux enjeux, je suis dans l'action, je joue ! »
Au premier regard, on pourrait le croire timide, il est force tranquille. Alexis Palisson porte l'étoffe de ceux sur qui la gloire n'a pas de prise. L'étoffe des Dieux du stade.

# Posté le jeudi 19 juin 2008 11:28

Modifié le lundi 30 juin 2008 03:39